samedi 7 octobre 2017

Douleur & Subspace

                      Le Monde discipliné du BDSM

Douleur & Subspace

 Douleur 
La douleur est un vecteur physique et psychologique de jouissance dans la relation consensuelle. Abandon, perte de repères, dépassement des limites personnelles, la douleur subie volontairement permet de s’abstraire de la réalité, parfois même d’atteindre des états de conscience altérée. 

Si le facteur psychologique est prépondérant dans l’association douleur/plaisir, essentiellement en fonction de l’histoire personnelle, elle s’explique également physiologiquement et chimiquement. Lorsqu’une douleur dépasse le quart d’heure, le rythme cardiaque s’accélère augmentant la pression sanguine et la sensibilité, et le corps produit des sécrétions d’endorphines* dont l’effet est proche de la morphine, avec l'apparition d'un sentiment d’euphorie, voir de transe. Là où ce trouve le plaisir et aussi longtemps qu'il s'y trouve, il y a absence de douleur. 


Subspace 
Le subspace est un état de conscience modifié, qui fluctue entre l’état conscient et inconscient. 
Un monde entre l’esprit et le corps, un monde de pures sensations, d’émotions et de profonds échanges d’énergie, une "traversée" dans laquelle la pensée logique et le raisonnement n’ont plus leurs places.
Le Dominant est là pour guider le soumis dans ce "voyage". 

Certains soumis s’immergent dans les sensations à tel point qu’ils perdent la notion du temps, de leur propre identité et de leur environnement.
Plus le subspace est profond, plus cette altération est importante. Le soumis en subspace n’a plus la moindre idée du temps écoulé. Un cocktail chimique se déclenche dans le corps. Les endorphines, la dopamine, l’adrénaline et d’autres substances se précipitent dans le cerveau et modifient l’état de conscience sous l’influence de la douleur.
Ce cocktail peut rester actif durant 2 à 3 jours produisant une certaine euphorie, ensuite la métabolisation s’est faite et les effets euphoriques s’évanouissent. 

Durant cet état de subspace, le soumis n’arrive parfois même plus à s’exprimer de manière compréhensible. Il est dans un état de transe, déconnectée de la réalité, incapable de distinguer le danger. Si vous lui posez une question, il aura le plus grand mal à répondre d’une façon logique car il souffre à ce moment précis d’une forme d’amnésie qui dissocie ses souvenirs. 

Lorsque vous observez un soumis en subspace, il semble hébété, les yeux fixes, son élocution est très lente et laborieux, voire impossible, ses gestes d’une extrême lenteur. Comme quelqu’un ayant subi un choc ou sous l’emprise d’une drogue. Dans ce cas, le subspace peut être considéré comme un état dissocié. Tout ou partie des émotions sont dissociés de la conscience.
Les sensations ressenties par le soumis deviennent purement du plaisir et n’importe quelle douleur infligée est alors transférée à son cerveau comme étant du plaisir. 
La méthode la plus souvent utilisée pour guider le soumis jusqu’au subspace est d’infliger une douleur progressive, comme celle du fouet progressif, pour permettre aux endorphines de transformer la douleur en plaisir.
L’intensité des coups sera alors augmentée progressivement pour garder le seuil de plaisir. 
La progression des coups s’obtient par la diversité des instruments utilisés en partant de martinet, battoir, pour terminer optionnellement avec une cravache ordinaire, une canne ou une cravache à fil.
Généralement, il faut du temps et de l’expérience pour que le soumis puisse s’abandonner et atteindre le subspace.
Pour cette raison la confiance établie entre le Dominant et le soumis est primordiale !

Le soumis peuvent connaître un degré variable de subspace, mais il sera tout d’accord pour dire que c’est une sensation merveilleuse, de flotter et de se trouver dans un plaisir constant.  

Le phénomène d’addiction existe comme pour toutes les drogues et en raison de ce plaisir, le soumis sera à la recherche d’un état de plus en plus profond, suppliant souvent leurs Dominants de les envoyer toujours plus loin. 


Le Quatre niveaux de subspace 

Espace haute 
Le soumis est en plein contrôle de lui-même et agit comme bon lui plait. 

Espace marginale bas 
Cet espace se produit quand le Dominant dirige l’attention du soumis. Ceci peut se produire aussi délicatement qu’un regard, un contact léger, un petit bruit ou n’importe quelle combinaison de ces derniers. Le soumis est en continuelle attention, souvent par le regard ou l’audition de la prochaine commande venant du Dominant. Si l’interaction entre Dominant et soumis est recherchée, il est préférable de rester dans cet espace.

Aux prochains niveaux le soumis est incapable de transmission, d’articuler des simples mots, étourdi. 

Espace blond 
Dans cet état, le Q.I. du soumis tend à diminuer progressivement, mais revient à la normale à la fin de la séance. Il se sent devenir plus lent mentalement. À ce moment le soumis ne peut pas distinguer le danger, incapable d’utiliser un veto car il lui est devenu incompréhensible.
Encore, une autre raison pour laquelle la confiance du Dominant est essentielle. Le soumis ne peut pas penser pour lui-même, incapable de décider s’il en a assez, s’il est temps d’arrêter. C’est dans cette situation que le Dominant devra utiliser son jugement. 

Espace principal 
Parfois les Dominants et les soumis pénètrent dans cet état ou le soumis perd sa nature de soumis.
Tandis qu’à ce niveau, la volonté du soumis tend à reprendre son comportement normal. La volonté du soumis diminuant beaucoup sa nature docile, celui-ci devient primitif comme un animal, dangereux, puissant. 

La parole ne vient plus par des mots compréhensibles mais par grognements comme des tonalités et des bruits.
Le soumis se connecte sur le langage primitif du corps, devenant un prédateur, se soumettant à peine.
Si le soumis sent la faiblesse, tout comme un félin en panique, il essaie de se libérer du Dominant. Dans cet état, il est préférable pour la sécurité du Dominant de ligoter le soumis. 

Le soumis peuvent connaître un degré variable de ces niveaux tout en éprouvant le subspace, mais ils seront tous d’accord pour dire que c’est une sensation merveilleuse, de flotter et de se trouver dans un plaisir constant. Le subspace tend à intensifier les sens. En raison de ce plaisir, le soumis seront à la recherche d’un état plus profond, suppliant souvent leurs Dominants de les envoyer plus loin. 


*Endorphines ou endomorphines : Sont des composés opioïdes peptidiques endogènes. Elles sont secrétées par l'hypophyse et l'hypothalamus lors d'activité physique intense, excitation, douleur, et orgasme. Elles ressemblent aux opiacés par leur capacité analgésique et à procurer une sensation de bien-être. 

                                                                                                                                               Le Monde Discipliné du BDSM